Le 23 avril 2026, l’Avocat Général Nicholas Emiliou de la Cour de Justice de l’Union Européenne a émis un avis qui remet en question la compatibilité de la loi maltaise dite « Bill 55 » avec le droit européen. Cette législation, introduite en 2023 par Malte, impose aux tribunaux maltais de rejeter les décisions judiciaires étrangères à l’encontre d’entreprises de jeux licenciées à Malte si ces décisions sont basées sur l’illégalité de services permis par la législation maltaise. Cette disposition légale a suscité des débats au sein de l’Union Européenne, en particulier suite à une procédure judiciaire en Autriche.
L’affaire autrichienne, qui interroge sur la pertinence de la Bill 55, a été jugée irrecevable par Emiliou. Selon lui, la question soumise à la Cour européenne n’est pas essentielle pour résoudre le différend national, la problématique principale étant le comportement professionnel d’un avocat ayant rendu un avis sur la disposition maltaise, et non la légalité de la règle en elle-même. Emiliou a donc conclu que la demande de décision préjudicielle ne satisfaisait pas les critères nécessaires pour justifier l’intervention de la Cour de Justice de l’Union Européenne.
Cependant, l’Avocat Général ne s’est pas arrêté à cette conclusion procédurale. Il a aussi évalué le fond de la question, affirmant que la Bill 55 contredit les règles européennes sur la reconnaissance mutuelle et l’exécution des jugements entre États membres. Selon lui, la législation maltaise, en s’appuyant sur des raisons de politique publique pour bloquer des jugements étrangers, va à l’encontre du droit européen. L’UE ne permet pas aux tribunaux nationaux de refuser l’exécution d’un jugement sous prétexte que celui-ci aurait été mal appliqué par un autre État membre.
De plus, Emiliou a souligné que le fait d’avoir une licence délivrée à Malte ne confère pas aux opérateurs de jeux le droit d’offrir leurs services dans toute l’Union Européenne. Chaque État membre conserve le droit de réguler le jeu d’argent sur son territoire et n’est pas obligé de reconnaître les licences émises par d’autres pays. L’avis met en évidence que la disposition maltaise semble davantage conçue pour protéger une industrie domestique clé des risques financiers plutôt que pour maintenir des principes juridiques légitimes. Les considérations économiques, a-t-il noté, ne peuvent justifier le contournement des règles de l’UE sur l’exécution transfrontalière des jugements.
Bien que l’avis de l’Avocat Général ne soit pas contraignant, il donne une idée de l’approche que pourrait adopter la Cour. Un jugement final est attendu ultérieurement, et celui-ci pourrait avoir des implications plus larges pour le secteur européen du jeu et les tensions entre les États membres concernant la réglementation.
Cette situation met en lumière les défis persistants auxquels fait face l’Union Européenne en matière d’harmonisation des législations nationales dans des secteurs aussi sensibles que le jeu d’argent. Alors que Malte s’efforce de protéger ses intérêts économiques, d’autres États membres, soucieux de l’application correcte du droit européen, pourraient voir en cette législation une tentative de créer une protection injustifiée pour des entreprises opérant à l’international.
Le débat autour de la Bill 55 illustre les complexités de la gestion des activités transfrontalières au sein de l’UE, où l’équilibre entre souveraineté nationale et règles communes doit être constamment reconsidéré. Les critiques à l’égard de la position maltaise soulignent le risque de fragmentation du marché unique si chaque État membre développe ses propres exceptions aux principes établis. La décision finale de la Cour pourrait ainsi non seulement influencer la législation sur les jeux d’argent mais aussi établir un précédent sur la manière dont l’UE gère les conflits de juridiction dans d’autres secteurs économiques.
En conclusion, ce dossier souligne la nécessité pour l’Union Européenne de continuer à clarifier et renforcer ses règles communes tout en respectant les particularités nationales. La question de l’équilibre entre la liberté économique et la régulation nationale demeure au cœur des discussions, et le secteur du jeu d’argent, avec ses implications financières et sociales, ne fait pas exception. Les prochains développements dans cette affaire seront suivis de près, tant par les acteurs économiques que par les instances européennes soucieuses de maintenir une cohésion réglementaire sur l’ensemble du continent.

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