Le 22 août 2025, l’Inde a adopté un projet de loi interdisant totalement les jeux en ligne basés sur l’argent, bouleversant l’industrie locale des jeux de compétences du jour au lendemain. Cette décision controversée a provoqué une vive opposition de la part de l’industrie, qui cherche désormais à riposter.
Depuis des années, l’Inde impose une interdiction stricte du jeu en ligne, mais les entreprises proposant des jeux d’argent impliquant un élément de compétence, comme le rami et le poker en ligne, ont généralement pu opérer sans problème. Ces jeux ont échappé à la classification de jeux de hasard, permettant à de nombreux habitants de s’y adonner. Cependant, l’élément d’argent réel dans ces jeux basés sur les compétences a causé des préjudices à certaines personnes, attirant de vives critiques qui ont culminé avec le passage de ce nouveau projet de loi par le gouvernement de Narendra Modi. La mesure a été adoptée quelques jours seulement après son introduction, témoignant de l’opposition latente à ces produits.
L’interdiction a provoqué un choc dans l’industrie des jeux de compétences, causant des problèmes significatifs à de nombreuses entreprises. L’avenir d’une industrie estimée à 3,6 milliards de dollars d’ici 2029 est soudainement devenu incertain, avec de nombreuses entreprises quittant le marché ou annulant leurs contrats de parrainage sportif. Des voix critiques au sein de l’industrie ont exprimé leur frustration, estimant que cette interdiction représentait une attaque injustifiée contre un secteur en pleine croissance et légal depuis des années.
Parmi les réactions, l’entreprise de jeux indienne A23 a décidé de contester l’interdiction devant les tribunaux. Le 28 août, A23 a déposé une plainte devant la Haute Cour du Karnataka, qualifiant la nouvelle interdiction de « produit du paternalisme d’État » et d’une mesure qui aurait un effet dévastateur sur une industrie autrefois légale. L’entreprise, qui revendique environ 70 millions de joueurs, souhaite que la mesure soit déclarée « anticonstitutionnelle » lorsqu’elle s’applique aux jeux de compétence.
Dans ce contexte, le gouvernement indien n’a pas encore fait de déclaration officielle sur la question, ni répondu aux demandes d’informations des médias. A23 n’est pas le seul acteur frappé par cette interdiction. Dream11, une des plateformes les plus populaires, a été contrainte de fermer sa division de jeux d’argent réel et de passer à un modèle gratuit. La société a exprimé son engagement à se conformer à la loi, mais a souligné avec regret que 95 % de ses revenus ont disparu du jour au lendemain.
D’autres entreprises telles que Mobile Premier League, une application de cricket fantasy, ont également dû abandonner leurs produits basés sur l’argent réel. Flutter Entertainment, pour sa part, a dû suspendre son activité sous la marque Junglee mais évalue actuellement ses options pour rétablir les jeux basés sur les compétences sur le marché indien. Un représentant de l’industrie a évoqué la nécessité de trouver un équilibre entre la protection des consommateurs et la préservation d’un secteur dynamique et générateur d’emplois.
L’adoption de cette loi a suscité des débats passionnés sur la légitimité de la différenciation entre jeux de hasard et jeux de compétences. Certains responsables et experts juridiques estiment que cette interdiction générale pourrait être perçue comme une approche simpliste à un problème complexe, risquant de priver les joueurs adultes de leur droit de participer à des activités légales et régulées. Un analyste du marché a commenté que l’impact économique pourrait être plus important que prévu, affectant non seulement les entreprises, mais aussi les milliers de personnes employées directement ou indirectement par le secteur.
Cependant, des défenseurs de la loi soulignent que la priorité doit être donnée à la protection des consommateurs vulnérables contre les dangers potentiels des jeux d’argent. Ils affirment que les bénéfices économiques ne devraient jamais prévaloir sur le bien-être des citoyens, et que cette interdiction pourrait inciter à la recherche de solutions plus saines et créatives pour le développement du secteur des jeux en Inde. Le débat se poursuit, alors que les acteurs de l’industrie et les législateurs cherchent à trouver un terrain d’entente pour concilier innovation économique et réglementation responsable.

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