L’étude de l’Université de Sheffield met en lumière l’impact des publicités sur les paris sportifs
Une étude récente menée par l’Université de Sheffield révèle que les réglementations actuelles sur la publicité pour les jeux de hasard pourraient être insuffisantes. Cette conclusion intervient après que des données ont montré que les publicités télévisées ont significativement influencé le comportement des parieurs durant la Coupe du Monde de la FIFA 2022.
L’étude, dirigée par Ellen McGrane, chercheuse associée à l’École de médecine et de santé publique de l’université, souligne que les publicités télévisées peuvent agir comme des déclencheurs puissants pendant les matchs en direct. Selon les résultats, ces publicités incitent à parier même parmi ceux qui n’avaient pas l’intention de le faire initialement. Un des points clés identifiés est que cette publicité ne se contente pas de faire passer les parieurs d’une plateforme à une autre, mais augmente le volume global des paris. McGrane note que l’augmentation de la participation aux jeux de hasard à l’échelle de la population est liée à une hausse des dommages associés au jeu. Elle estime que les restrictions actuelles ne sont probablement pas assez efficaces.
Malgré l’ampleur du problème, les règles régissant la publicité ne se renforcent pas. McGrane plaide pour une réglementation plus stricte, spécialement lors des événements sportifs très médiatisés tels que la Coupe du Monde, afin de mieux protéger les personnes les plus à risque.
L’étude s’est concentrée sur le comportement de paris parmi les hommes âgés de 18 à 45 ans en Angleterre pendant le tournoi au Qatar, analysant comment l’exposition à la publicité de jeux d’argent à la télévision influençait la probabilité de parier. Les résultats ont montré que la fréquence des paris sur le football était de 16 à 24 % plus élevée lors des matchs diffusés sur des chaînes contenant de la publicité pour le jeu, comparativement aux matchs diffusés sans ces publicités. Les participants étaient également de 22 à 33 % plus enclins à placer un pari durant les matchs avec publicité. Bien que les participants n’aient pas signalé de problèmes personnels de jeu, il est reconnu que les hommes et les individus âgés de 18 à 44 ans constituent le plus grand groupe de parieurs sportifs au Royaume-Uni et sont également les plus exposés aux risques de dommages liés au jeu.
Au Royaume-Uni, les paris sportifs restent l’une des formes de jeu les plus répandues. La montée rapide des paris en direct et des micro-paris a accéléré la fréquence et la rapidité avec lesquelles les paris peuvent être placés. L’addiction au jeu est largement reconnue comme un problème de santé publique, générant d’importants préjudices sanitaires, sociaux et économiques.
À l’approche de la Coupe du Monde 2026, les réglementations sur la programmation des publicités télévisées pour le jeu n’ont pas changé depuis 2022. Ces mesures sont principalement volontaires et pilotées par l’industrie, soulevant de nouvelles inquiétudes quant à la protection adéquate du public par les garanties existantes.
Cependant, avec la Coupe du Monde 2026 imminente, la surveillance des sites de jeux de hasard s’est également intensifiée en Grande-Bretagne. Ainsi, des sites populaires auprès des parieurs britanniques, tels que MyStake, Velobet, Donbet et Goldenbet, ont déplacé leurs licences vers Curaçao, où les réglementations sont beaucoup plus souples. Cette manœuvre soulève des questions sur la capacité des régulations britanniques actuelles à gérer efficacement l’industrie des paris sportifs face à l’attrait de juridictions plus laxistes.

Carole Belfort est une journaliste spécialisée dans l’univers des jeux d’argent, des casinos et des tendances numériques. Passionnée par les dynamiques du marché européen, elle décrypte avec finesse les actualités du secteur, des grandes innovations technologiques aux histoires de joueurs marquants. Son ton à la fois rigoureux et humain apporte une lecture accessible et engagée, appréciée par les amateurs comme les professionnels du jeu.
