Le 3 décembre 2025, Mark T. Lavery, un résident de l’Illinois, a déposé une plainte fédérale qui fait grand bruit dans le monde du jeu en ligne. Il accuse plusieurs entreprises de pari de mener des opérations illégales, s’appuyant sur une loi anglaise du 18e siècle pour argumenter ses revendications. Le tribunal du district nord de l’Illinois a reçu cette plainte contre trois compagnies : Third Planet Media LLC, Novig Sweeps LLC et Dabble Sports LLC, pour avoir prétendument proposé des services de paris non autorisés aux résidents de l’Illinois, ainsi qu’à ceux de l’Ohio, du Massachusetts, du Kentucky et du Texas.
Ce qui rend cette affaire particulièrement captivante, c’est l’argument juridique inhabituel sur lequel Lavery s’appuie. Il exploite le Statut de Anne de 1710, une loi qui permettait à ceux qui perdaient de l’argent dans des jeux de hasard illégaux de récupérer leur mise. Si ces derniers ne réclamaient pas à temps, une tierce partie pouvait intenter une action en justice et obtenir une part des gains récupérés. Lavery se décrit lui-même comme un « chasseur de primes », invoquant les lois de récupération de pertes de jeu de plusieurs États pour justifier sa démarche.
Lavery accuse les entreprises concernées d’opérer des plateformes de paris déguisées, visant spécifiquement les résidents de l’Illinois tout en éludant les exigences de licence et de taxes imposées aux opérateurs de paris sportifs réglementés. Il évoque des produits de jeu, tels que les jeux « Pick Em » et les paris de type échange présentés comme des contrats de produit ou des sweepstakes, pour échapper au radar des régulateurs. Sa plainte vise à obtenir des pénalités civiles, des dommages et intérêts triples et une injonction pour cesser ces opérations, ainsi que le remboursement des frais juridiques.
Le marché des jeux en ligne aux États-Unis connaît une croissance fulgurante, facilité par des avancées technologiques et une réglementation plus permissive dans certains États. Cependant, cette expansion rapide a également donné lieu à des zones grises légales et à une réglementation inégale. Cette affaire met en lumière la complexité croissante de la législation sur les jeux d’argent, où des lois anciennes peuvent encore résonner dans notre ère numérique. « Les anciens statuts ne sont pas simplement des reliques du passé », commente-t-on dans le milieu juridique, « ils peuvent être réactivés pour combler les lacunes légales modernes. »
Toutefois, cette action en justice ne fait pas l’unanimité. Des voix s’élèvent pour critiquer l’approche de Lavery, la qualifiant de tentative spéculative d’utiliser des lois obsolètes pour s’attaquer à des entreprises qui respectent d’autres aspects de la législation actuelle. Certains experts judiciaires estiment que cette affaire pourrait créer un précédent dangereux, en imposant une charge réglementaire imprévisible sur une industrie en pleine expansion et en évolution.
Un élément clé de cette affaire est l’interprétation variée des lois sur les jeux d’argent en ligne, qui diffèrent considérablement d’un État à l’autre. Alors que l’Illinois impose une réglementation stricte pour protéger les consommateurs et assurer la transparence des opérateurs, d’autres États adoptent une approche plus flexible, ce qui complique davantage la tâche des entreprises cherchant à offrir leurs services à travers plusieurs juridictions.
Le secteur des paris en ligne étant en plein essor, cette affaire attire une attention particulière car elle pourrait influencer la manière dont les lois historiques sont appliquées aux technologies modernes. Si la plainte de Lavery aboutit, elle pourrait inciter d’autres États à réexaminer leurs propres lois sur les jeux d’argent et à envisager des mesures similaires pour assurer une réglementation rigoureuse et homogène à travers le pays. Cependant, cette perspective inquiète certains acteurs du marché qui soulignent la nécessité d’un cadre législatif clair, adapté aux réalités contemporaines et technologiques du secteur.
Ainsi, l’affaire Lavery contre les opérateurs de jeux en ligne ne se contente pas de remettre en question des pratiques commerciales spécifiques, elle soulève des questions fondamentales sur la manière dont les lois historiques peuvent être mises en œuvre pour réguler un marché en constante évolution. Alors que le verdict est attendu avec impatience, il est clair que cette affaire pourrait bien redéfinir les règles du jeu pour l’industrie des paris en ligne aux États-Unis.

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