Dina Titus relance le débat sur les déductions fiscales des pertes de jeu
Les efforts de longue date pour revenir sur une mesure controversée du « One Big Beautiful Bill » de l’année dernière ont atteint un point critique. La représentante du Nevada, Dina Titus, a employé une stratégie procédurale peu commune pour relancer un projet de loi en suspens. Elle vise à rétablir les déductions complètes pour les pertes de jeu, bénéficiant d’un large soutien de la part des joueurs et des représentants de l’industrie.
Dina Titus, élue influente du Nevada, a récemment soumis une pétition de décharge pour forcer un vote à la Chambre sur son projet de loi FAIR BET. Celui-ci est resté bloqué dans le comité des voies et moyens de la Chambre depuis l’été dernier. Ce projet de loi a pour but de renverser une disposition incluse dans le vaste paquet fiscal de 2025 signé par le président Donald Trump, qui limite les joueurs à déduire seulement 90 % de leurs pertes par rapport à leurs gains.
Bien que cette modification puisse sembler insignifiante au premier abord, elle pourrait avoir un impact considérable sur l’industrie du jeu. Selon la règle actuelle, une personne qui remporte 100 000 dollars sur une année mais qui en perd également 100 000 se retrouverait avec un revenu imposable de 10 000 dollars. En pratique, ce joueur a fait jeu égal, mais d’un point de vue fiscal, il est en situation de déficit.
Les joueurs professionnels et les parieurs à fort volume estiment que cette mesure est injuste et méconnaît les réalités économiques. Ils font valoir que ce nouveau plafond pourrait entraîner des factures fiscales basées sur des revenus qui n’ont jamais réellement existé. Titus soutient également que d’autres activités financières à haut risque, telles que la négociation d’actions ou de matières premières, ne sont pas soumises à des restrictions comparables.
Des groupes de l’industrie, y compris l’American Gaming Association, ont intensifié leurs efforts de lobbying ces dernières semaines, avertissant les législateurs que le plafond de déduction, s’il n’est pas corrigé, pourrait pousser les joueurs à se tourner vers des offres offshore non réglementées qui ne génèrent pas de taxes et manquent de garanties essentielles. Les juridictions comme le Nevada, où le jeu reste un pilier de l’emploi local et des recettes fiscales, pourraient être touchées de manière disproportionnée.
Malgré les efforts de Titus, les chances de succès d’une pétition de décharge demeurent faibles. Ce processus exige 218 signatures pour sortir un projet de loi du comité et le mener à un vote à la Chambre. Même dans ce cas, un vote n’est pas garanti. Avec des dizaines de mesures liées aux revenus déjà en attente de révision, la proposition de Titus n’a pas encore attiré l’attention nécessaire.
Les législateurs considèrent généralement les pétitions de décharge comme davantage symboliques que pratiques. Pourtant, plusieurs manœuvres de ce type ont réussi à atteindre le seuil de signature depuis 2023, marquant un renouveau pour cette pratique. Néanmoins, la pétition de Titus n’a pas reçu de signatures supplémentaires à la date du 20 février. Son succès dépendra probablement de la volonté de la Chambre de revisiter la politique de jeu dans un agenda fiscal chargé.
La question des déductions fiscales pour les pertes de jeu soulève des préoccupations plus larges concernant l’équité fiscale et la compétitivité de l’industrie du jeu aux États-Unis. En limitant les déductions, le gouvernement réduit la marge de manœuvre des joueurs professionnels et des casinos, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l’économie locale, surtout dans des États comme le Nevada.
Il reste à voir si Titus pourra rassembler suffisamment de soutien pour faire bouger les choses. Son projet de loi met en lumière les défis auxquels l’industrie du jeu est confrontée dans un contexte fiscal en évolution et souligne la nécessité d’un débat continu sur l’équité fiscale et la réglementation du jeu.

Carole Belfort est une journaliste spécialisée dans l’univers des jeux d’argent, des casinos et des tendances numériques. Passionnée par les dynamiques du marché européen, elle décrypte avec finesse les actualités du secteur, des grandes innovations technologiques aux histoires de joueurs marquants. Son ton à la fois rigoureux et humain apporte une lecture accessible et engagée, appréciée par les amateurs comme les professionnels du jeu.
