Aller au contenu principal

Création d’une Interpol du Jeu par la KSA pour Lutter Contre le Marché Noir

Publié le 27 octobre 2025 par Jerome Kalapaglos

Le 21 octobre 2025, Michel Groothuizen, président de la Kansspelautoriteit (KSA), l’autorité néerlandaise de régulation des jeux de hasard, a proposé la création d’une entité internationale de régulation du jeu, semblable à Interpol, à l’occasion de l’IAGR 2025. Cette proposition s’inscrit dans un effort continu pour combattre le marché noir des jeux de hasard, un problème persistant malgré la croissance exponentielle de l’industrie du jeu à l’échelle mondiale.

Les Pays-Bas, bien que pionniers dans la régulation du marché des jeux en ligne, peinent à endiguer l’essor des opérateurs illégaux. Ce phénomène est préoccupant non seulement en raison des dommages économiques qu’il cause, mais aussi parce qu’il échappe aux règles de protection des joueurs rigoureusement appliquées dans les marchés réglementés. Groothuizen a souligné que la réglementation néerlandaise visait initialement à contrer le marché noir, un processus complexe qui a nécessité des années de préparation et l’implication de nombreux acteurs. Toutefois, malgré ces efforts, le choix de préserver la liberté de l’Internet, en s’abstenant de bloquer les sites illégaux, a entravé l’efficacité des mesures régulatoires.

Les données de channelisation continuent de soulever des inquiétudes. Les Pays-Bas ont récemment rapporté des taux de channelisation des joueurs de 90 %, mais des taux de GGR (gross gaming revenue) de moins de 50 %. Cette disparité indique que 10 % des joueurs, qui choisissent de jouer sur des sites non régulés, sont à l’origine de 50 % des recettes du jeu, ce qui alimente les inquiétudes quant à l’attractivité des opérateurs illégaux.

En réponse à l’augmentation des joueurs et aux problèmes de jeu qui en découlent, les Pays-Bas ont adopté des restrictions publicitaires strictes, interdisant notamment la publicité non ciblée. Toutefois, Groothuizen et son équipe ne sont pas partisans d’une interdiction totale des publicités, estimant que cela pourrait compromettre la compétitivité de l’industrie légale et nuire aux taux de channelisation. En effet, un marché légal moins compétitif pourrait pousser encore plus de joueurs vers les opérateurs illégaux, exacerbant les problèmes actuels.

Groothuizen a reconnu que les protections strictes pour les joueurs mises en place aux Pays-Bas peuvent parfois aliéner les gros parieurs et créer des tensions sur le marché régulé. Néanmoins, il a insisté sur le fait que ces mesures sont essentielles pour protéger les groupes vulnérables et maintenir l’intégrité du marché.

Face à ces défis, la proposition de Groothuizen de créer une Interpol du jeu se veut une réponse à la nature transnationale du marché noir. L’idée est de coordonner les efforts des régulateurs à travers l’Europe, voire le monde, afin de surveiller et de réprimer efficacement les opérateurs illégaux. Bien que ce concept en soit encore à ses prémices, il reflète un consensus croissant au sein de l’industrie sur la nécessité d’une coopération internationale accrue.

Certains sceptiques pourraient se demander si une telle organisation internationale pourrait effectivement exercer une influence significative sur le marché. Ils soulignent que les différences culturelles et législatives entre les pays pourraient compliquer la mise en place d’une régulation harmonisée. De plus, il existe une certaine réticence à l’idée d’une surveillance internationale perçue comme une ingérence dans les affaires nationales.

Cependant, Groothuizen reste optimiste, affirmant que le dialogue actuel entre régulateurs internationaux est prometteur. Selon lui, la coopération transfrontalière est non seulement nécessaire mais inévitable pour combattre efficacement le marché noir des jeux de hasard. Il espère que cette initiative incitera d’autres pays à renforcer leur propre cadre réglementaire et à participer à cet effort collectif.

En conclusion, l’appel de Groothuizen à une coopération internationale renforcée dans la lutte contre le marché noir des jeux de hasard marque une étape importante dans le débat sur la régulation du jeu. Alors que le secteur continue de croître à un rythme effréné, la nécessité d’une régulation efficace et d’une protection adéquate des joueurs ne peut être sous-estimée. L’initiative de la KSA pourrait bien être le catalyseur d’un mouvement global vers une régulation plus cohérente et plus robuste, au bénéfice des joueurs et des économies du monde entier.

Jerome K

Jérôme Kalapaglos est un journaliste spécialisé dans l’univers du jeu et des casinos, passionné par l’actualité du gambling en ligne et les stratégies de jeu accessibles à tous. Fort de plus de 10 ans d’expérience dans l’industrie, il a lancé CasinoSansDepots.com pour offrir aux joueurs francophones une plateforme fiable dédiée aux bons plans gratuits, aux revues de casinos et aux codes exclusifs sans dépôt.

Publicité