Course effrénée pour les licences de casino à New York les projets se démarquent
À New York, la compétition pour décrocher l’une des trois licences de casino tant convoitées dans la région métropolitaine entre dans sa phase finale. Le 15 septembre, deux projets phares, Freedom Plaza dans l’East Side de Manhattan et Resorts World New York City (RWNY) dans le Queens, ont tenu leurs audiences devant le comité consultatif communautaire (CAC), exposant les différentes stratégies adoptées pour gagner le soutien des New-Yorkais.
Au cœur de ces discussions, le projet Freedom Plaza, évalué à 11 milliards de dollars, a provoqué des réactions partagées. La présentation des développeurs, Michael Hershman du Soloviev Group et Nelson Parker du Mohegan Group, a mis en avant des modifications incluant des mesures d’atténuation du trafic, l’augmentation du nombre de logements abordables de 513 à 600 unités, et la création d’un fonds de réinvestissement communautaire de 250 millions de dollars.
Les partisans, allant des propriétaires de petites entreprises aux dirigeants syndicaux, ont salué ce projet comme une chance cruciale de revitaliser une partie sous-utilisée de l’East River. Selon les représentants de Mohegan, le complexe de casino pourrait générer des milliers d’emplois, un argument de poids pour ceux qui voient dans ce type de projets une opportunité de combler les écarts de richesse et de stabiliser les quartiers.
Cependant, cette initiative ne fait pas l’unanimité. Des résidents de longue date de Tudor City ont exprimé leurs craintes concernant l’impact potentiel du casino sur la circulation et le bruit, avertissant que ces nuisances pourraient affecter les hôpitaux et les écoles locales. Malgré le soutien politique et financier, une opposition persiste, certains habitants restant fermement contre le projet.
À l’opposé, l’audience de RWNY dans le Queens a montré une cohésion impressionnante en faveur du projet. Plus de 50 intervenants, dont des politiciens locaux, des représentants syndicaux, des leaders d’organisations à but non lucratif et des employés de casino, ont exprimé un soutien unanime pour l’obtention d’une licence complète. En l’absence d’opposition organisée, RWNY semble avoir maximisé ses chances de succès.
Ce soutien pourrait s’expliquer par les initiatives de RWNY pour atténuer les impacts négatifs. L’entreprise a promis un programme communautaire de 425 millions de dollars sur les cinq premières années, incluant 7 300 places de stationnement couvertes et de nouveaux programmes de développement de la main-d’œuvre. Des centres de carrière et de formation de croupiers sont prévus pour ouvrir prochainement, renforçant l’image positive du projet.
Avec huit propositions en lice pour seulement trois licences, la pression s’intensifie. Les votes du CAC sont prévus pour la fin septembre, nécessitant une majorité des deux tiers pour faire avancer les projets choisis au niveau de l’État. Les décisions finales du Gaming Facility Location Board pourraient tomber d’ici la fin décembre, annonçant un bouleversement majeur dans le paysage du jeu à New York depuis des décennies.
Il est clair que les projets qui réussissent à intégrer des mesures de soutien communautaire et à montrer un engagement véritable envers le bien-être local ont une longueur d’avance. Pourtant, la course reste incertaine, et le débat sur l’intégration des casinos dans le tissu urbain soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre développement économique et qualité de vie. Dans ce contexte, la capacité à mobiliser un soutien large et à répondre aux préoccupations des riverains semble être la clé du succès.

Carole Belfort est une journaliste spécialisée dans l’univers des jeux d’argent, des casinos et des tendances numériques. Passionnée par les dynamiques du marché européen, elle décrypte avec finesse les actualités du secteur, des grandes innovations technologiques aux histoires de joueurs marquants. Son ton à la fois rigoureux et humain apporte une lecture accessible et engagée, appréciée par les amateurs comme les professionnels du jeu.
