Une régulation nationale jugée insuffisante
Michel Groothuizen, président de la KSA (Autorité néerlandaise des jeux d’argent), a émis un avertissement clair : les Pays-Bas sont « trop petits » pour combattre efficacement le marché des jeux d’argent illégaux sans une intervention coordonnée à l’échelle européenne. Cette position, exprimée après la réunion de la semaine dernière de la Chambre des représentants néerlandaise sur la réforme des règles de jeu, marque un tournant dans la stratégie de l’autorité de régulation.
Selon Groothuizen, l’approche strictement nationale est « naïve ». « Nous combattons un réseau mondial d’organisations criminelles impitoyables avec des agents de police communautaire dédiés, alors que ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’une agence d’application de la loi internationale », a-t-il indiqué. Le président du KSA souligne que les opérateurs illégaux opèrent depuis longtemps au-delà des frontières, rendant les mesures unilatérales néerlandaises largement inefficaces.
Un marché illégal qui draine 50 % des mises
Les chiffres avancés par l’autorité sont alarmants pour les finances publiques et la protection des joueurs. Michel Groothuizen affirme que « la moitié de chaque euro parié par les consommateurs néerlandais va vers le marché illégal ». Cette fuites massive se traduit par une perte de recettes fiscales potentielles supérieure à 500 millions d’euros par an pour l’État néerlandais.
Le président du KSA met en perspective l’ampleur du problème en comparant le chiffre d’affaires du secteur des jeux illégaux à celui des économies nationales. Il déclare que le volume d’affaires de ce secteur criminel global « a un PIB supérieur à celui de tout pays, à l’exception des États-Unis et de la Chine ».
Appel à la responsabilité des géants technologiques et financiers
Face à la puissance de ce réseau transfrontalier, le KSA ne compte plus uniquement sur les forces de l’ordre locales. L’autorité est en discussion avec le secteur financier et exerce une pression sur les grandes entreprises technologiques. Groothuizen déclare : « Nous appelons les grandes entreprises technologiques à assumer leur responsabilité en ne rendant pas leurs plateformes en ligne et leurs moteurs de recherche disponibles pour ce type d’activité criminelle à grande échelle. »
Pour le régulateur, la capacité d’action des Pays-Bas est limitée par rapport à ces acteurs mondiaux. « Mais par rapport à ces entreprises technologiques et financières opérant à l’échelle mondiale, les Pays-Bas sont bien trop petits. Inévitablement, nous avons besoin de l’Europe pour convaincre ces entreprises de coopérer avec nous dans la lutte contre les jeux d’argent illégaux », précise-t-il.
Une critique du manque de vision internationale au Parlement
Le KSA s’inquiète du fait que la capacité d’action internationale ait été « à peine discutée » lors des débats parlementaires récents. Groothuizen note que ce manque d’attention de la part du Parlement signifie presque certainement que le ministère des Finances n’accordera qu’une attention limitée aux règles européennes, noyées dans d’autres priorités.
L’autorité travaille actuellement à rendre les sites de jeux illégaux plus difficiles à trouver et à perturber les infrastructures de paiement qui les soutiennent. Cependant, le président du KSA insiste sur le fait que « pour avoir un impact réel, il faut la capacité d’agir au niveau européen. Cette compréhension ne semble pas encore largement partagée à la Chambre des représentants néerlandaise. »
La protection des joueurs les plus vulnérables est également au cœur des préoccupations. Des sites non agréés ciblent activement les personnes inscrites au Cruks, le schéma d’autodéclaration néerlandais. Un site a même été identifié se faisant passer pour 113.nl, le service de prévention du suicide aux Pays-Bas, illustrant la gravité des dérives du marché non régulé.
Pourquoi c’est important
Pour les professionnels du secteur iGaming francophone, ce signal envoyé depuis les Pays-Bas confirme la fin de l'ère des régulations purement nationales. L'enjeu fiscal de plus de 500 millions d'euros et la perte de 50 % des mises montrent que la concurrence illégale menace directement les opérateurs licenciés. La pression exercée par le KSA sur les plateformes technologiques et le secteur financier indique que les futurs leviers de régulation seront transfrontaliers, impactant la manière dont les licences et les bonus seront géographiquement restreints ou contrôlés à l'avenir.

Fondateur et rédacteur en chef de CasinoSansDepots.com, Jérôme Kalapaglos est un expert reconnu des casinos en ligne et des bonus sans dépôt depuis plus de 10 ans. Ancien journaliste gaming, il a couvert les plus grandes conférences du secteur iGaming — ICE London, SiGMA, G2E Las Vegas — avant de créer ce guide indépendant dédié aux joueurs francophones. Spécialiste des offres de casino sans dépôt, des machines à sous et de la réglementation ANJ, Jérôme teste chaque plateforme en conditions réelles avant toute recommandation.
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